La blockchain à la conquête du monde réel ?

La blockchain à la conquête du monde réel ?

La blockchain a démontré une formidable capacité à servir de registre universel de gestion et de transfert d’actifs numériques. Une solution de simplicité et de fiabilité comme on en avait jamais vu jusque-là. Les différentes applications qui en ont été faites, ont longtemps durant, laissé supposer que la blockchain n’est que l’apanage du monde numérique. Cependant, de plus en plus de projets se penchent sur les différentes possibilités d’application de la technologie à des secteurs tangibles de l’économie.

Tokeniser des biens réels

De prime abord, ce genre d’idée pourrait sembler quelque peu saugrenu, puisque la possession de biens réels comme une voiture ou un immeuble est d’abord une question de document légal et pas de signature numérique. Mais c’est un système qui continue de souffrir de certains aléas. L’un des plus importants étant la falsification. Les cas de confusion où il devient particulièrement compliqué d’établir la propriété réelle d’un bien physique sont monnaie courante. Or il s’agit là d’un problème que la blockchain a déjà résolu. En fait, d’un point de vue pratique, il est quasi impossible de falsifier une preuve de propriété sur une blockchain.

Mais dans quelle mesure adapter cette grande fiabilité aux biens physiques. La solution semble tout indiquée pour de nombreux experts, et ce n’est qu’à travers la tokenisation.

Elle est d’ailleurs déjà expérimentée dans plusieurs domaines. La clé pour comprendre l’intérêt de la tokenisation d’actifs réels, est d’envisager la question d’un point de vue juridique. En effet, le fait de tokeniser un actif ne change en rien sa nature. Le bien conserve ses caractéristiques. Un immeuble tokenisé restera toujours un immeuble. Dans l’ancien système, les titres de propriété ont un support papier, et dépendent entièrement de l’intervention d’une tierce partie (notaire) pour en attester de l’authenticité. De plus, il suffirait qu’une autre personne brandisse simplement des documents similaires en revendiquant la propriété du bien pour qu’une longue action judiciaire s’ensuive. Mais avec la blockchain, ce scénario est complètement inconcevable. C’est un registre décentralisé et distribué qui permet de savoir en temps réel, et avec précision, qui possède quoi.blockchain

Une liquidité accrue pour des biens non fongibles

La transparence et la fiabilité ne sont par ailleurs pas les seuls avantages de la tokenisation. Il s’agit d’un phénomène qui permet d’apporter de la fongibilité à des biens non fongibles par nature. Prenons l’exemple d’un immeuble en banlieue. Ce n’est pas un bien que vous pouvez immédiatement remplacer par un autre appartement sans que certaines de ses caractéristiques ne changent également. Or pour des biens comme le pétrole, le maïs ou les tokens, c’est tout à fait possible.

Alors que vous pourriez très facilement subdiviser une certaine quantité de tokens de sorte à posséder une fraction de cet appartement, la même opération se révèlera impossible s’il s’agit de subdiviser l’appartement lui-même.

Une lame à double tranchant

La permanence des transactions enregistrées est très certainement l’un des plus importants atouts de la tokenisation d’actifs réels. Comme mentionné plus haut, le registre permet d’établir avec précision, les titres de propriété. “Qui possède quoi, et à quel moment”. Mais cette permanence et son caractère irréversible constituent également la plus grande menace de la tokenisation. La blockchain est en effet, un registre qui n’évolue que dans un seul sens. Il est impossible d’antidater une transaction. Donc dans le cas où, durant une opération de transfert de propriété, l’une des parties envoie accidentellement les titres de propriété à une fausse adresse, il n’y aurait aucun moyen de les récupérer. Et malheureusement, même un tribunal ne saurait enjoindre le nouveau propriétaire de restituer les biens qu’il a acquis par erreur.

La seule façon d’envisager la restitution, serait à travers un fork de l’ensemble du système. Mais en partant du principe qu’il y ait plusieurs erreurs de ce genre par jour, ce n’est pas vraiment une solution envisageable.

Il s’agit là très certainement du dernier défi qui ouvrira la voie vers une adoption massive de la tokenisation d’actifs réels.

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