Le succès du Bitcoin fait fuir les criminels

La grande popularité du Bitcoin sur le marché financier est loin d’arranger les affaires des criminels dont les transactions se trouvent dans le viseur des autorités de plusieurs pays.

Un succès qui inquiète

Le Bitcoin n’a jamais été aussi populaire depuis son lancement. Son prix continue à franchir de nouveaux records, ce qui ne rassure pas les pouvoirs publics qui redoutent un éclatement de la bulle. La France, par le biais de son ministre de l’économie, avait déjà exprimé son souhait de régulariser le secteur. Le gouvernement français veut alors profiter du prochain sommet du G20 pour demander aux autres pays membres de mettre en place un dispositif légal autour de la crypto-monnaie. Cette annonce fait suite à celle émise par la Belgique qui souhaite aussi encadrer le marché du Bitcoin afin de renforcer la lutte contre le financement des terroristes et le blanchissement d’argent. D’autres pays européens tels que l’Italie et l’Allemagne auraient déjà accepté de se pencher sur les risques spéculatifs des crypto-monnaies tandis que la Russie et la Chine ont failli interdire carrément l’usage du Bitcoin.

Apparemment, les pays cités ci-dessus ne sont pas les seuls à vouloir réguler le marché du Bitcoin. Peu de temps après la déclaration de Bruno Le Maire, l’Autorité israélienne de régulation des marchés financiers a émis le 25 décembre 2017 son souhait d’interdire le Bitcoin et les devises numériques sur la Bourse de Tel-Aviv. « Nous avons l’impression que les prix du Bitcoin se comportent comme des bulles et nous ne voulons pas que les investisseurs soient exposés à cette volatilité et à cette incertitude » déclare Shmuel Hauser, patron de l’ISA.

Plus de transparence pour décourager les financements illicites

En plus de vouloir protéger les investisseurs, les pouvoirs publics tiennent à renforcer leur lutte contre les financements des activités illégales et les blanchiments d’argent. C’est pour cela qu’ils réclament plus de transparence sur les transactions. Les plateformes d’échanges doivent être en mesure d’identifier leurs clients. Mais une telle mesure serait vaine si la majorité des pays ne travail pas en synergie afin de coordonner leurs efforts. Il n’y a rien de plus facile en effet que de se tourner vers les plateformes qui n’appliquent pas la même règle si on veut garder l’anonymat. C’est probablement pour éviter cela que le ministre de l’Économie français souhaite proposer aux pays du G20 de se joindre à la France pour mettre en place un cadre légal commun autour du Bitcoin.

Les criminels tournent le dos au Bitcoin

Si les possibilités de financement des terroristes induites par le Bitcoin restent les soucis majeurs des pouvoirs publics, il semblerait que les criminels se détournent de cette monnaie numérique. À leurs yeux, le Bitcoin ne garantit pas suffisamment d’anonymat parce que chaque transaction est gravée dans la blockchain. Du coup, ils sont obligés de le blanchir numériquement sur des plateformes spécialisées comme Darklaunder.

Après, il ne leur a pas fallu longtemps pour se tourner vers les crypto-monnaies qui offrent plus d’anonymat comme Ethereum et Monero, entre autres.

Selon une étude menée par Dr Foley de l’Université de Sydney, l’usage illicite de Bitcoin a atteint un sommet en 2014, avant de baisser progressivement depuis. En revanche, l’utilisation légitime a connu une hausse constante durant ces dernières années. D’après certain expert, les transactions illicites en Bitcoin ne constitue plus que 3 % à 6 % du marché, mais ce chiffre reste mystérieux.  

Il convient de souligner qu’avec les millions de transactions qui sont réalisées sur le marché du Bitcoin, il est quasiment impossible de déterminer à quelle fin les crypto-monnaies sont utilisée. Effectivement, on peut tracer les transactions de Bitcoins, mais pas leur utilisation finale.

                                                                    

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