Levée de bouclier contre la publicité des cryptomonnaies : Après Facebook, la Chine

Levée de bouclier contre la publicité des cryptomonnaies : Après Facebook, la Chine

Les nuages continuent de s’amonceler au-dessus du monde de la Blockchain dans l’empire du Milieu. On se rappelle qu’en septembre dernier la principale banque du pays, la Banque du Peuple Chinois (PBOC), avait interdit les ICOs (Initial Coins Offering), sortes de levées de fonds par cryptomonnaies. Elle avait jugé frauduleuses 90% des ICOs initiées alors dans le pays. La banque avait également appelé à une interdiction des sites d’échanges de cryptomonnaies et même celle du minage.

Le site d’informations South China Morning Post rapporte que pour des recherches de termes ‘’Bitcoin’’ ‘’cryptomonnaies’’ et ‘’ICO’’ sur le moteur chinois de recherche Baidu et le média social Weibo, sorte de Twitter chinois, il n’apparait plus aucune publicité en rapport à ces termes sur les pages des résultats.

Weibo dans un mail a confirmé que la publicité relative aux cryptomonnaies n’était plus autorisée sur sa plateforme. Baidu par contre n’a fait aucune communication sur le sujet même si, après un premier blocage de ces publicités en août 2016, c’en était suivie une reprise sans explications pour finir par leur blocage à nouveau.

Baidu

Entre espaces aux milliards d’individus on se comprend

Ce blocage de publicité sur les principaux médias chinois survient après celui pratiqué par le plus grand réseau social du monde, Facebook. Mark Zuckerberg, patron du réseau aux 2 milliards d’utilisateurs mensuels a déclaré qu’il combattrait ‘’des produits financiers et services associés le plus souvent à l’abus de confiance ou aux pratiques promotionnelles trop intrusives’’. La politique de la société de Menlo Park en Californie vise à la protéger d’éventuelles polémiques et poursuites judiciaires dans un milieu où il est encore difficile de déceler le vrai du faux.  Des partisans du Bitcoin lui ont par ailleurs apporté leur soutien. Plus personne ne dira qu’elle a acheté parce qu’elle aura été convaincue par une publicité de Facebook, sans autres recherches approfondies a déclaré un utilisateur pro-Bitcoin sur le réseau Reddit.

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L’empire du soleil levant en récupérateur

Dans un continent bipolarisé par les luttes de leadership entre la Chine et le Japon, la réponse à cette censure est venue de son rival, où est implantée Line, l’application de messagerie la plus utilisée en Asie. Avec un demi-milliard d’utilisateurs et 40 millions d’entre eux ayant effectué des transactions de l’ordre de 4 milliards de dollars à travers son outil de paiement semblable à l’Apple Pay, Line a annoncé un nouveau « service financier révolutionnaire ».

Dans son communiqué, Line annonce qu’elle proposera en même temps que son futur service, une plateforme d’échanges et de transfert de cryptomonnaies, de prêt et d’assurance, disponible depuis son application.

‘’Je n’y vois aucun problème’’, a martelé Hiromi Yamaoka, directeur de la division paiement et règlements de la Banque du Japon, à propos de l’engouement des masses pour les cryptomonnaies.

Si le blocage des publicités relatives aux cryptomonnaies est conforme à l’idéologie d’un État communiste dont l’économie est contrôlée par le gouvernement central, il contraste avec la promesse de prochaines réformes pour une économie plus libérale faite par les autorités chinoises.

En attendant, les acteurs chinois de la cryptomonnaies s’exilent progressivement vers d’autres régions du continent moins hostiles. Singapour et le Japon sont notamment les pays bénéficiant de ce qu’il convient d’appeler ‘’la crypto exode’’.

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