Le rêve de Maduro – Une cryptomonnaie commune pour tous les pays de l’OPEP et garantie par le pétrole

Le rêve de Maduro – Une cryptomonnaie commune pour tous les pays de l’OPEP et garantie par le pétrole

À la tête d’un pays financièrement étranglé par diverses sanctions et engagé dans un bras de fer avec ses fournisseurs de matières premières, Nicolas Maduro croit tenir l’arme ultime de la riposte, le Pétro.

L’oasis bolivarienne derrière la Blockchain

C’est en homme d’État conquis par les nombreux avantages offerts par la Blockchain que le président vénézuélien s’est entretenu avec le secrétaire général de l’OPEP, le Nigérian Mohammad Sanusi Barkindo. Au terme de leurs échanges Maduro a confié aux médias qu’il va “ proposer officiellement à tout pays producteur de pétrole, membre ou non membre de l’OPEP, l’adoption d’une crypto-monnaie commune garantie par le Pétrole” rapporte l’organe de presse Al Jazeera.

Le Pétro, cette cryptomonnaie bientôt lancée par le pays pour se sortir de son manque de liquidité, pourrait donc être adopté par d’autres pays producteurs de pétrole. Maduro souhaite garantir sa cryptomonnaie avec diverses commodités, dont les 5 milliards de pétrole bruts de réserves. D’après l’organe russe de presse Sputnik, le prix du jeton sera arrimé à celui du baril de brut vénézuélien.

OPEC_cryptocurrencies

Affranchir les économies de l’OPEP en général et celle du Vénézuéla en particulier de la volonté versatile de partenaires en utilisant la Blockchain et ses outils technologiques notamment les contrats intelligents est le projet du président.

Si le secrétaire général de l’OPEP a salué son engagement personnel à rendre possible une relative stabilisation des prix du brut. D’autres sujets ont meublé les échanges.

Le président Maduro a appelé à la reconduction de l’accord entre pays OPEP et non-OPEP visant à réduire la production du pétrole. Le 1er janvier a pris effet l’accord du 1er décembre 2017 où les pays de l’OPEP s’engagèrent à réduire à 1,2 million de barils par jour leur production. Les pays non membres de l’OPEP ont alors promis réduire leur production à 600.000 barils par jour et la Russie  à 300.000 barils par jour la sienne.

Les États-Unis en embuscade

Au plan national, même si les préparatifs se font pour le lancement de l’ICO (Offre initiale de jetons) consacrant la mise en circulation de la crypto-monnaie Pétro, les parlementaires vénézuéliens de l’opposition ont dénoncé l’initiative.

Jorge Milan, législateur membre de l’opposition a déclaré auprès des reporters de Reuters que “la manœuvre est anticonstitutionnelle et s’apparente à une mise sous hypothèque des réserves de bruts du pays”.

À l’international, l’annonce de Maduro a provoqué la colère d’officiels Américains.

Le sénateur Bob Menendez du New Jersey et Marco Rubio, sénateur de la Floride ont coécrit en janvier une lettre adressée au Département du trésor pour faire part de leur indignation et appeler à la mise en place d’outils et de mécanismes capables de contrecarrer le projet de Maduro visant à contourner les sanctions américaines.

Ayant connu ces deux dernières années un recul de son PIB de 18% en 2016 puis de 12% en 2017, le Venezuela dos au mur, entend saisir l’opportunité de l’inviolabilité de la Blockchain en lançant sa propre crypto-monnaie. Réussir le pari de faire se rallier d’autres pays dont notamment ceux de l’OPEP, renforcerait la confiance en cette devise.

Partages 0
Share
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Close